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Une pratique ancrée dans l'histoire

Introduit au XVIIe siècle, le carnaval de Guadeloupe trouve ses racines dans un héritage culturel issu de la colonisation européenne des Antilles dont l'esclavage fut l'un des piliers fondateurs. Activité festive païenne largement inspirée d'une idéologie et d'un calendrier catholique, le carnaval est introduit par les colons puis progressivement investi par les populations d'esclaves.

En Guadeloupe les mas (masques) ont, de mémoire d'homme, « toujours existé ». Toutefois leur usage et leur signification se sont étiolés au fil du temps. L'univers des mas se réfère au monde « sauvage », symboliquement associé aux cultures africaines et amérindiennes.

Une pratique inscrite dans le présent

D'une très grande variété, les mas représentent les esprits issus d'un univers « sauvage », évoqué par des costumes dépouillés composés principalement de végétaux ou de matériaux de récupération. Leur apparition au sein du carnaval se caractérise par une marche de tempo rapide rythmée par des percussions, nommée déboulé.

Pendant les deux mois du carnaval, l'espace public est investi par une diversité de groupes dont l'évolution depuis une quarantaine d'années, met en évidence au moins deux perceptions opposées et complémentaires des politiques culturelles et identitaires guadeloupéennes. La première, consensuelle, met en avant une représentation attractive et policée se référant à l'histoire post-esclavagiste. La seconde, contestataire et véhémente, à laquelle se rattachent les groupes de mas, revendique une culture réhabilitant les références et pratiques culturelles interdites ou bafouées par l'esclavage et la colonisation.

Une pratique qui se transmet

Dans les années 1970, les mas connaissent un nouvel élan avec l'émergence de nouveaux groupes dit en créole mouvman kiltirel, qui travaillent à la sauvegarde et au renouveau du patrimoine culturel guadeloupéen. Tel Voukoum, un des mouvements fondateurs, ces groupes œuvrent à la reconstruction et à la redéfinition d'une mémoire collective dans un projet politique, culturel, identitaire, social et citoyen très actif auprès de la jeunesse citadine. Cette ambition passe principalement par la revalorisation de pratiques traditionnelles, au travers de recherches historiques dont les mas, la musique et les instruments anciens sont des composantes fortes d'un discours sur les origines non européennes qu'ils cherchent à réhabiliter.

Avec ses danses et ses chants, le GWO Ka un un élément unificateur du groupe

Membres du groupe Voukoum, pendant une rencontre Bas-de-Bourg, Basse-Terre, 2012 © Nicola LO CALZO/L'agence à paris

Groupe de personnes

Une pause pendant le déboulé Masa-Lous, groupe Voukoum Bas de Bourg, Basse-Terre, 2012 © Nicola LO CALZO/L'agence à paris

Marie, lors d'une vigile mystique, groupe An Bout a-y, Basse Terre

Veillée mystique, groupe An Bout Ay Basse-Terre, 2012 © Nicola LO CALZO/L'agence à paris