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Le label « patrimoine culturel immatériel » mis en place par l'Unesco met en avant le regard des populations sur leurs propres pratiques et leur donne un rôle central dans le processus de protection. Ce postulat réoriente les relations entre chercheurs, ethnologues ou historiens, et les porteurs de traditions qui de simples objets d'étude, deviennent des acteurs majeurs.

Cette situation est familière pour des musées de société qui revendiquent, dès leur l'origine dans les années 1970, un engagement citoyen dans la conservation et la valorisation du patrimoine en lien avec les protagonistes. La Fédération des écomusées et musées de société (FEMS) a voulu montrer comment ces institutions qui travaillent depuis toujours sur ces questions d'expressions vivantes, de mémoire et de transmission, se sont saisies d'un nouvel outil de protection.

Dans le cadre de ce projet, les photographes Jean-Christophe Bardot et Olivier Pasquiers sont allés à la rencontre des musées du réseau de la FEMS. Accompagnés par le personnel scientifique des musées, ils se sont frayé leur propre cheminement au fil des rencontres et de leur propre ressenti.
Entre documentation scientifique et écriture sensible, ils se sont intéressés à des sujets aussi divers que le carnaval de Dunkerque, la saliculture artisanale de l'île de Ré, la course landaise, la fabrication du pommé en Bretagne, la fête de la corporation des tisserands à Charlieu, la pêche en Dombes ou la fête du dieu Ganesh à Paris.

Il ne s'agit pas d'un travail documentaire exhaustif qui prendrait en compte toutes les dimensions d'un phénomène social, mais l'expression d'un regard photographique sur des pratiques vivantes, avec tout ce que cela comporte de parti-pris et de subjectivité. L'objectif est en effet de réintroduire une lecture sensible et distanciée, qui n'est ni complètement le discours du musée ni complètement celui des communautés. Une troisième voie en quelque sorte, où les différents points de vue sur le patrimoine culturel immatériel peuvent se rencontrer, se confronter et se féconder.

Jean-Christophe Bardot et Oliver Pasquiers ont travaillé simultanément sur les mêmes sujets. Les photographies de Jean-Christophe Bardot sont en couleur, celles d'Olivier Pasquiers en noir et blanc.