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Les Âmes grises, récits photographiques d'après-guerre, présente les travaux de huit photographes qui évoquent la question de la guerre en creux, par les marques indélébiles laissées dans les paysages, les corps ou les mémoires.
A la différence de la démarche d'un grand reporter qui produit des témoignages directs au plus près du feu des combats, ils sont impliqués dans le processus de construction des récits de guerre, de l'émergence des premiers mots au moment où le discours intègre la "grande histoire".

CouvCat 2014

Présentation

Cent ans après le début de la Première Guerre mondiale, Pour l’édition 2014, à l’occasion du centenaire du début de l’éclatement de la Première Guerre Mondiale, Albert-Kahn musée et jardin départementaux, qui dispose d’un important fonds patrimonial consacré à cet évènement, propose, pour l’édition 2014, une réflexion sur la construction des récits d’après-guerre à travers la photographie contemporaine..

Les photographes présentés questionnent le processus deproposent une mise à distance et d’énonciation de la réalité du conflit, par une attention aux marques indélébiles laissées dans les paysages, les corps ou les mémoires. 
Ils abordent également la question du temps qui passe et les possibilités d’inscrire un évènement traumatique dans le cours de trajectoires individuelles ou collectives. Tous illustrent l’émergence d’un récit commun, familial ou national, et interrogent le rôle du médium photographique dans cette un telle tentative processus de distanciation.

Le Festival se déroule du mois de mai au mois d’octobre 2014, autour de quatre expositions successives, correspondant à quatre temporalités, de l’émergence des  premiers récits  jusqu’à leur commémoration nationale.

27 mai – 29 juin  2014

Portraits : récits émergeants avec les photos de Jonathan Torgovnik  sur le Rwanda et de Rita Leistner sur le Liban.
Les photographies témoignent, de façon documentaire, de la lente reconstruction à travers un travail de consignation de la vie quotidienne, des portraits contextualistés par le récit des violences subies et l’inventaire précis des destructions. Ils agissent comme des catalyseurs d’un récit qui n’a pas encore pris forme et posent la question de la reconstruction des identités après le traumatisme.  

1er juillet – 10 août 2014

Paysages : récits fragmentaires avec les photos de Laetitia Tura sur la Retirada et Camilla De Maffei sur le Mont Trebević à Sarajevo.
Les photographes proposent une lecture topographique des paysages, en  faisant des avatars de monumentportant une attention particulière aux traces physiques de conflits passés. Ce cheminement constitue le prétexte à une collecte de témoignages, manifestant l’émergence d’une mémoire encore balbutiante et fragile, cherchant ses figures héroïques et ses repères.

12 août – 14 septembre 2014

Théâtres : récits ritualisés avec les photos de Vasantha Yogananthan sur le théâtre de guerre Tamoul et d’Emeric Lhuisset sur la résistance Kurde en Irak.
Cette exposition porte sur la question de la réactualisation du conflit, à travers une mise en scène dont le photographe est parfois à l’origine. Ces reportages mettent en évidence l’expression d’un récit codifié, participant d’un registre du sacré  à travers le prisme du rituel et de la construction d’icôones.

16 septembre – 26 octobre 2014

Monuments : récits naturalisés  avec les photos de Patrick Tourneboeuf sur les monuments aux morts de 14-18 et de Bertrand Carrière sur le raid allié à Dieppe en 1942.
Les photographes évoquent consignent ici les dispositifs de commémoration,  à travers l’érection de monuments réels ou symboliques. Il est ici question de l’incarnation d’un discours national et d’une réflexion sur ce qui reste (et ce qui est évacué) dans la temporalité de l’Histoire.